exposition du 21 octobre au 18 novembre 2017

« Peut-on même parler d’espace sauvage à propos de cette forêt à peine effleurée par les Achuar et qu’ils décrivent pourtant comme un immense jardin cultivé avec soin par un esprit ? Ce que nous appelons la nature est ici le sujet d’un rapport social ; prolongeant le monde de la maisonnée, elle est véritablement domestique jusque dans ses réduits les plus inaccessibles. » Philippe Descola

Le monde est ordonné selon des codes. Il y a, contenu dans le code, la chaleur des usages et des coutumes mais aussi l’austérité de l’ordre. À l’artiste de comprendre les mécanismes de cette ingénierie immatérielle, d’y trouver des combinaisons, des compositions, des correspondances, afin de restituer une forme matérielle concrète.

Le code ne se mesure pas seulement à un ensemble de lois. Il est aussi le lieu du déchiffrage de signes, du mystère, du cryptogramme, du message à interpréter. Or, interpréter, c’est sonder la profondeur temporelle du code, déceler les médiations par lesquelles le code se transmet à travers les âges. Ce terrain à déchiffrer est celui du Temps.

Le code est donc une matière à travailler, exigeant technique et savoir-faire : il est tel un large vêtement dans le regard de l’Homme et qui recouvre le monde. Ce vêtement, l’artiste peut le coudre, le tresser, l’élargir, le couper. Il peut aussi, à force de travailler le matériau, tenter de le frotter, le gratter, jusqu’à laisser apercevoir un pan de chair du monde.

Ce monde, où les symboles naissent et meurent selon l’équilibre des cycles et selon l’espace et le temps, ce monde est aussi un jardin. En persan, il se nomme pairi-daeza, paradis.

 

Frédéric Montfort

francoisdehoux.com