du 11 mars au 8 avril 2017
vernissage le vendredi 10 mars à partir de 18h

 

en OFF de la Biennale internationale design Saint-Étienne

ouverture exceptionnelle les 11 et 12 mars de 11h à 18h

« Tant que durera l’inertie de l’époque actuelle, il faut inventorier systématiquement les problématiques envisageables, avec toute la prudence requise.

Ainsi et malgré l’inconstance intrinsèque, il faut façonner chacune des alternatives déclinables, parce qu’il s’agit de notre dernière chance. »

Texte généré automatiquement sur Internet

 

JMBN est un duo d’artistes mordu de science-fiction, de série B et de série Z.
Leurs installations sont ambiguës comme des nanars ; elles ont le génie de divertir par leurs défauts.
Leurs œuvres sont pensées comme des éléments de décor, elles démontent la notion de genre avec désinvolture et opiniâtreté pour, dans une lumière rasante, révéler des glissements d’échelles et des changements de formats qui apparaissent comme des passages d’une réalité vers une autre. Leur humour, aussi enfantin que terrible, a l’esprit série Z : l’ingéniosité artistique qui découle d’un petit budget, la mauvaise interprétation des comédiens, les erreurs techniques plus ou moins flagrantes, etc.

Pour l’exposition Amorces ou caillasse, le duo explore les processus de la mémoire et l’obstination de l’esprit à tisser des souvenirs pour donner une direction aux choses, mais en dépit des correspondances forcenées établies, l’absurde s’installe. Face à l’absence de sens, les installations de JMBN apparaissent comme des prouesses scénaristiques qui confrontent les lubies de leur enfance 80’s aux limites historiques de l’Art. Un toutou adoré, une suspicion de meurtre, une partie de pêche, des boulettes de viande, un pull de mémé, un Donald Duck à peine identifiable sont autant d’objets bricolés qui tutoient le vide et la disparition.

Ces assemblages grinçants rappellent La Pensée sauvage de Lévi-Strauss qui redéfinit le bricolage comme ce qui « s’applique au jeu de balle et de billard, à la chasse et à l’équitation, mais toujours pour évoquer un mouvement incident : celui de la balle qui rebondit, du chien qui divague, du cheval qui s’écarte de la ligne droite pour éviter un obstacle (ricocher, zigzaguer, biaiser). Et de nos jours, le bricoleur est celui qui œuvre de ses mains, en utilisant des moyens détournés, par comparaison avec ceux de l’homme de l’art. »

D’autres philosophes confèrent au bricolage encore d’autres figures : par exemple prendre les choses par le milieu et en zigzag selon Deleuze, produire des agencements machiniques hétérogènes selon Guattari, inventer le quotidien selon De Certeau… Mais ils s’accordent tous à trouver dans le bricolage des constructions de vérités parallèles.
Et c’est ainsi également, en bricolant le quotidien, que JMBN fait mystérieusement apparaître de la science-fiction.

 

Lucille Uhlrich, 2017

 

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